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8 déc. 2011

Amiral MOUCHEZ Hydrographe de la Marine

Amiral MOUCHEZ 
Hydrographe de la Marine

Amédée Ernest Barthélémy Mouchez naît à Madrid le 24 août 1821. Sa famille originaire de Chatou quitte Paris pour installer en Espagne des affaires commerciales. Amédée revient en France pour suivre ses études et entre à l'Ecole Navale en 1837


De 1839 à 1854 Mouchez entreprend de nombreuses campagnes en Amérique du Sud (Corvette la Fortune) aux Antilles (Corvette l’Églantine) en Extrême-Orient (Corvette la Favorite), de nouveau aux Antilles (brick le Cassard) et Terre_veuve (brick le Méléagre)

De 1850 à 1854, il fait le tour du monde sur la corvette la Capricieuse


Il va alors lever pendant 10 ans les côtes du Brésil à partir du Bisson, du D'Entrecasteaux et du Lamotte Picquet pour en dresser les cartes hydrographiques.


Il suit régulièrement la marche de son chronomètre afin de préciser les longitudes.


La ville de Rio de Janeiro a fait élever une statue en son honneur.






Il va ensuite lever les côtes d'Algérie de 1867 à 1873 sauf pendant la guerre de 70 où il assure la défense de la ville du Havre.






En 1874, il est désigné pour diriger une mission pour observer le passage de Vénus devant le soleil.  Ce phénomène qui ne se produit qu'une fois par siècle l'amène sur l'île Saint-Paul.


Enveloppe TAAF Saint-Paul Amsterdam 8 juin 2004 Passage de Vénus à Saint-Paul




Un paquebot emmène son équipe à la Réunion où ils embarquent sur l'aviso de transport La Dives.

Fichier:StPaul Map.png

La mise à terre du matériel est délicate et le montage des appareil pénible. Pendant les six jours qui précédent la passage, il pleut sans arrêt... 

FDC Timbre TAAF Amiral Mouchez 1-1-1987

Déjà les plus optimistes voient leurs derniers espoirs s’évanouir quand au matin du 9 décembre le ciel s'éclaircit; Durant la durée du passage, le solei reste visible. Les observations peuvent être faites dans de bonnes conditions.

Carte marine de Saint-Paul Photo JM Bergougniou


le prochain transit de Vénus aura lieu le 6 JUIN 2012... à vos lunettes

Escale à Saint-Paul mission 08-3  TAD 22-11-2008

Pourquoi un observatoire de la marine à Paris, au parc Montsouris ?La réponse est contenue dans cette histoire, jusqu'alors oubliée, que Guy Boistel a patiemment reconstituée à partir des nombreuses archives du Bureau des longitudes, notamment.

Entrée du cratère de Saint-Paul  Photo JM Bergougniou
 Fondé par la Convention en 1795, ce service est chargé de développer l'astronomie et ses applications à la navigation.
C'est avec la naissance du parc sud de la Ville de Paris que le contre-amiral Ernest Mouchez, revenu victorieux d'une mission de photographie du passage de Vénus devant le Soleil fait approuver l'ouverture d'un observatoire dévolu à la marine en 1875, qu'il dirigera le reste de sa vie. Ouvert aux militaires comme aux civils, sa principale vocation est d'enseigner la pratique des observations astronomiques aux explorateurs et voyageurs pour la détermination des coordonnées géographiques : observations, calculs nautiques, manipulation des instruments, composition et usage des éphémérides.


Timbre TAAF Aviso ravitailleur La Dives 

Le rapport officiel de la mission est lu le 25 octobre 1875. Il lève les cartes de Tunisie et est nommé directeur de l'observatoire de Paris




Il meurt à Wissous le 25 juin 1892

Montsouris un Observatoire atypique

écoutez en cliquant sur le lien ci-dessous


 http://www.franceculture.fr/emission-la-marche-des-sciences-montsouris-un-observatoire-atypique-2011-02-17.html


sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Transit_de_V%C3%A9nus


Le passage de Vénus devant le disque solaire est toujours un événement exceptionnel pour les astronomes. Le phénomène est rare puisqu'il se répète quatre fois tous les 243 ans dont deux fois à huit ans d'intervalle ( passages en 1761-1769, 1874-1892, 2004-2012...). Le passage de 1874 donna lieu à une importante effervescence dans les milieux scientifiques et de nombreux sites d'observation de par le monde furent choisis par les grandes nations. Parmi ceux-ci Kerguelen en fut un très fréquenté ; en effet pas moins de trois missions y séjournèrent durant l'été austral 1874-1875: la mission anglaise du Volage s'installa en baie de l'Observatoire, la mission américaine du Swatara choisit la pointe Molloy et enfin, la mission allemande de la Gazelle séjourna à l'anse Betsy.

La France envoya quatre missions pour l'observation du phénomène : une à Pékin dirigée par le lieutenant de vaisseau Fleuriais, une à Yokohama dirigée par M. Janssen, un autre à l'île Campbell confiée à l'ingénieur hydrographe Bouquet de la Grue et enfin la dernière à l'île Saint-Paul sous la direction du capitaine de vaisseau Mouchez, astronome, hydrographe et membre du bureau des longitudes.

Si à Saint-Paul, comme d'ailleurs à l'île Campbell, les chances de bénéficier d'un temps dégagé étaient très limitées, en revanche, la position exceptionnelle de l'île donnait une grande valeur aux observations.

La préparation de ces missions débuta dès 1871. Mouchez obtint du matériel moderne et performant et s'entoura d'une équipe scientifique et technique très compétente. Tous s'entraînèrent plusieurs mois sur les matériels mis à la disposition de la mission et en particulier sur deux équatoriaux et deux lunettes, l'une méridienne et l'autre photographique.

Fin juillet 1874, la mission est prête et quitte Paris pour Saint-Denis de la Réunion où elle arrive le 30 août. Les hommes ainsi que le matériel sont embarqués alors sur la Dives, un aviso transport mixte de l'État commandé par le capitaine de corvette Duperre. Le 9 septembre, le navire quitte Saint-Denis pour Port-Louis à Maurice où Mouchez souhaite opérer le conditionnement de ses matériels en vue de leur débarquement à Saint-Paul. II estime -à juste titre- que ce port est mieux abrité que celui de Saint-Denis pour effectuer ces opérations. Quelques jours plus tard, la Dives appareille pour Saint-Paul malgré l'avis des autorités et des pêcheurs locaux qui conseillaient d'attendre encore un mois afin d'éviter la période de mauvais temps qui pourrait compromettre le débarquement à Saint-Paul. Mais Mouchez, qui a autorité sur la " Dives ", passe outre, ne voulant pas modifier le programme qu'il s'est fixé.

Le 22 septembre, à l'approche de Saint-Paul, le navire essuie une première grosse dépression et doit mettre à la cape. En fin d'après-midi, le temps s'améliore et le navire peut venir au mouillage devant le cratère. Tous sont frappés par l'aspect très particulier de l'île et surtout par la masse imposante de l'épave de la frégate anglaise Megaera qui barre la passe. Ce transport de troupe s'échoua volontairement le 16 juin 1871 à la suite d'une importante voie d'eau.

Après une nuit passée dans l'anxiété, car la Dives fatigue beaucoup sur son ancre, des hommes ainsi qu'un peu de matériel sont mis à terre. Mais le 24 vers 10 h 00, le mauvais temps se fait de nouveau sentir. La Dives tombe en travers, casse sa chaîne et part en dérive. Pendant trois jours consécutifs, ils vont subir une terrible dépression cyclonique ; " la plus forte tempête que j'ai jamais essuyée " dira plus tard Mouchez. La Dives, mauvais voilier, mais aussi mauvais vapeur, est incapable de remonter au vent dans cette mer démontée. La machine est trop faible pour étaler les coups de vent. Le navire perd une troisième ancre, mais réussit à prendre la cape dans une mer secouée par l'ouragan. Le commandant Duperre est inquiet pour l'état de son navire et de sa machine, mais doit obéir aux ordres de Mouchez, tout entier fixé sur sa mission et sa réussite. Le 28 le temps s'améliore, mais ne permet pas d'envisager un débarquement. Le 30, de nouveau la tempête se déchaîne :la drosse du gouvernail casse, et des lames envahissent le faux pont et les chambres, noyant les animaux prévus pour l'approvisionnement de la mission. Le commandant Duperre est fortement contusionné par une chute.

Enfin, le 1er octobre 1874, une nette amélioration intervient après huit jours pratiquement ininterrompus de tempête. Le navire peut revenir au mouillage devant le cratère. L'épave de la Megaera a disparu, poussée dans le cratère. Le déchargement de la Dives commence aussitôt. Il va durer trois jours, car il y a deux cents caisses à mettre à terre. II est encore interrompu par un coup de vent qui oblige la Dives à dérader pendant plusieurs heures après avoir perdu sa dernière ancre.

Alors que la Dives aurait du rester au mouillage pendant la durée de la mission, Mouchez et Duperre s'accordèrent à penser que c'était trop risqué pour un navire dans un tel état. C'est ainsi que, dès le 5 octobre, Duperre fait route sur la Réunion pour réparer les avaries.

La mission s'installe à terre dans des conditions météorologiques très difficiles. Les toitures des baraquements sont souvent emportées par le vent et la pluie quasi quotidienne compromet le succès de la mission. Cependant, le 9 décembre, après quelques minutes d'angoisse, une éclaircie se fait, fort opportunément, et le passage de la planète devant le disque solaire peut être observé dans de bonnes conditions. La Dives, revenue la veille de la Réunion, est mouillée à 400 mètres de l'observatoire. Son commandant est heureux du succès de l'observation, tout comme Mouchez. Les risques pris par ses hommes n'ont pas été vains et le navire s'en est bien sorti. En signe de satisfaction, il fait hisser des pavillons tricolores aux mats de la Dives et tirer cinq coups de canon.

Le capitaine de vaisseau Mouchez prolonge le séjour de la mission d'un mois afin de déterminer la longitude exacte de l'observatoire nécessaire pour la publication des résultats de la mission. Le 4 janvier 1875, après avoir construit une pyramide commé­morative et scellé une pierre gravée mentionnant le séjour de la mission, l'ensemble du personnel et du matériel est embarqué à bord de la Dives qui quitte Saint-Paul pour l'île Amsterdam où le navire fait escale du 5 au 7 janvier 1875 avant de regagner Saint-Denis de la Réunion.

La Dives était un aviso transport mixte à trois mats de 1 600 tonnes lancé en 1870. Le navire possédait un moteur de 600 chevaux et était armé de six canons. Affecté à l'escadre de l'océan Indien, il était basé à Saint-Denis de la Réunion. Le bâtiment fut retiré du service actif le 5 janvier 1890.

Seul un autre navire à porté le nom de Dives. Il s'agit d'un bâtiment de débarquement de chars de 1 800 tonnes lancé en 1960. D'une puissance de 2 000 chevaux, il était armé de deux canons de 40 mm et de quatre canons de 20 mm. II fut retiré du service le 21 avril 1986.


Sources :
Pierre COUESNON
de l'Académie Européenne de Philatélie

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